Discours du Secrétaire Général Académique à l’occasion de la collation des grades et de la clôture de l’année académique 2016-2017, à Mbanza-Luvaka, le 22 juillet 2017.

Après l’honneur qui m’est échu de présenter, au nom du Comité de Gestion, la politique générale de l’Université, je vais, à présent, me faire le devoir de vous présenter,

-Excellences,

-Honorables,

-Mesdames et messieurs du P.O.

-Mesdames et Messieurs du C.A.

-Mmes et Mrs des Comités de Gestion des Institutions sœurs,

-Mesdames et Messieurs des Corps académiques et scientifiques de l’U.K. et des institutions sœurs,

-Distingués invités en vos titres et qualités

-Mes chers étudiantes et étudiants,

la situation du secteur académique dont j’ai la charge spécifique au sein du Comité de Gestion de l’UK.

La santé de ce secteur central de la vie de toute institution d’enseignement supérieur se mesure à l’aune du rythme que suit le calendrier académique. Comme prévu dans le calendrier académique 2016-2017, et en conformité avec les instructions officielles, l’ouverture de cette année académique a eu lieu le samedi 15 octobre 2016. Les cours ont effectivement débuté le jeudi 20 octobre 2016, après trois jours d’accueil formel de nouveaux étudiants, du lundi 17 au mercredi 19 octobre 2016. Cet accueil a été assuré par le Secrétaire Général Académique entouré de principaux collaborateurs des services académiques et administratifs et s’est déroulé en deux temps, soit une demi-journée à Mbanza-Ngungu, le 18 octobre 2016 et une demi-journée à Kisantu, le 19 octobre 2016.

Au moment de clore formellement cette année, selon les différents secteurs caractérisant l’activité académique d’une université, et sans préjudice de ce qui en a été dit dans le discours de politique générale du Recteur, la situation académique générale de l’Université Kongo se présente comme suit :

Pour le secteur des enseignements, secteur qui est le plus visible des missions d’une Université et qui détermine souvent l’impression générale que dégage une université, le rythme de dispensation des cours a été plutôt bon pour l’ensemble des facultés comme en témoigne l’organisation précoce de la collation des grades académiques en ce jour. Nous rappelons que celle-ci concerne les promotions de l’année 2016-2017 pour l’ensemble des facultés sauf la faculté de Médecine pour laquelle les contraintes liées à l’organisation du stage de spécialités interdit toute collation avant la fin du mois de juillet conformément aux prescrits officiels. Raison pour laquelle nous collons aujourd’hui les médecins ayant terminé leur formation à la fin de l’année 2015-2016, plus précisément en décembre 2016.

Nous déplorons, par ailleurs, du retard dans certaines promotions des facultés généralistes et surtout techniques (Polytechnique et Agronomie). Pour la première, nous sommes frappés comme toutes les universités du Pays par la rareté des professeurs à l’intérieur du système d’enseignement supérieur congolais. Ce qui nous emmène à nous tourner plus résolument encore vers des solutions extérieures en attendant l’aboutissement des études doctorales de nos assistants actuellement en formation en Belgique et en France. Pour la deuxième, il nous faut améliorer les procédures de programmation des enseignements puisque tous les cours peuvent trouver normalement des enseignants disponibles à proximité de l’Université Kongo.

A la Faculté de Médecine, à propos de laquelle il nous est décerné, à tort, le titre de champion des années élastiques, les efforts de normalisation se sont poursuivis sans désemparer. Et comme nous l’affirmons depuis deux ans, le premier cycle de la Faculté de Médecine se clôturera également dans les limites de 2016-2017, c’est-à-dire avant la rentrée académique 2017-2018. La situation reste complexe pour le deuxième cycle où la plupart des promotions, accusent un décalage plus ou moins important par rapport au déroulé normal de l’année académique 2016-2017.

Sans chercher à justifier quoi que ce soit, j’aimerais tout de même attirer notre attention commune sur les particularités objectives de l’organisation des enseignements dans cette facultés marquée, en R.D.C. par le fait que la plupart des professeurs de médecine sont également des praticiens qui sont parfois confrontés au choix entre dispenser des cours ou sauver des vies. Ce dilemme revêt une acuité particulière pour l’Université Kongo qui ne dispose pas de clinique universitaire au sein de laquelle auraient pu exercer ses enseignants. Ajouter à cela l’impérieuse nécessité de différents stages devant valider la formation globale, laquelle nécessité demande également des formations médicales conformes, on comprendra aisément la complexité de l’organisation d’une formation de qualité en médecine, lorsque l’on fait de cette qualité, comme c’est le cas à l’UK, la marque de fabrique.

Malgré les écueils normaux liés à ces contraintes techniques et aux différentes difficultés évoquées dans le discours de politique générale, les étudiants ont donc été accueillis normalement dans l’ensemble des facultés et ont bénéficié de l’essentiel de la transmission des connaissances.

Après différents ajustements liés à des mouvements inhabituels, à l’heure du bilan de cette année académique, nous comptons 3573 étudiants repartis de la manière suivante :

  • Sur le site de Mbanza-Ngungu :

164 en Agronomie

560 en Droit

436 en Economie

80 en Polytechnique

Soit un sous-total de 1240 pour le site de Mbanza-Ngungu.

  • Pour le site de Kisantu :

65 en Lettres et Communication

2293 en Médecine, dont 1287 inscrits au titre de l’année 2015-2016 (G3, D1, D2, D3, D4)

23 en Science Politiques, Sociales et Administratives

Soit un sous-total de 2381 pour le site de Kisantu

Ces effectifs sont relativement stables, par rapport aux années passées. Cependant, dans leur répartition, ils continuent à appeler l’attention quant à des efforts spécifiques à consentir pour un équilibrage du développement harmonieux de chaque faculté.

Il s’agit notamment de poursuivre un effort spécifique pour faire mieux connaître la faculté des Lettres et la faculté des Sciences Politiques qui fonctionnent elles aussi sur le site de Kisantu. S’agissant de cette dernière faculté, nous nous réjouissons tout de même de l’enthousiasme contagieux de son futur doyen et des étudiants qui nous fait espérer un développement régulier de cette faculté autant du point de vue des effectifs que de l’organisation des filières et départements.

Il s’agit aussi de poursuivre l’effort de régularisation des années académiques en Médecine pour se mettre à l’abri des erreurs de décompte qu’induit régulièrement la double entrée « promotions entrantes » et « promotions sortantes » dans la mesure où beaucoup d’étudiants sont toujours en attente de résultats définitifs confirmant ou annulant leur inscription à l’Université Kongo.

Pour encadrer efficacement ces étudiants, il nous faut un personnel académique et scientifique conséquent. Ce personnel est, lui aussi, resté relativement stable en nombre.

Le premier souci demeure le très faible nombre de professeurs propres à l’institution. La faible proportion qu’ils représentent dans l’ensemble du corps académique intervenant à l’Université Kongo continue à souligner l’urgence qu’il y a de poursuivre contre vents et marées la politique volontariste de formation des formateurs mise en œuvre depuis quelques années, car elle reste le gage d’une réelle autonomie académique de l’Université Kongo.

L’on comprendra donc aisément la joie grave qui nous anime en ce jour spécial quand nous accueillons le Docteur MAKIESE NDOMA qui nous revient fraîchement d’Aix-Marseille et dont nous allons nous empresser de présenter diligemment le dossier de nomination au Conseil d’Administration kadi nsusu mu kimosi kimosi kayukutilanga, même si le rythme en reste lent !

L’année 2016-2017 devait également voir le premier fruit du protocole de formation des professeurs basé sur la préparation et la soutenance des doctorats in situ après une inscription effective dans une université du « Nord ». Mais les contraintes techniques et environnementales nous contraignent de patienter encore. Nous espérons fermement que l’année académique 2017-2018 sera celle de la concrétisation de cette formule qui nous remplit d’espoir pour l’accélération de la formation des membres de notre corps scientifique.

L’année qui s’achève a vu prester, sans distinction d’institution d’attache principale, un nombre important d’enseignants qui se présente de la manière suivante :

  • 7 Professeurs Emérites (1,6%) ;
  • 89 Professeurs Ordinaires (21,4%) ;
  • 38 Professeurs (7,5%) ;
  • 89 Professeurs Associés (17,5%) ;
  • 89 Chefs de Travaux (29,9%) ;
  • 57 Assistants (21,4%) ;
  • 2 Chargés de Pratique Professionnelle (0,7%).

De ces effectifs, 1 Professeur, 6 Professeurs Associés, 5 Chefs de Travaux et 34 Assistants sont engagés à temps plein à l’Université Kongo.

Face aux enjeux que soulignent ces chiffres, l’Université Kongo ne peut que poursuivre ses efforts pour la formation des formateurs. Maintenant que le Docteur MAKIESE nous est revenu, nous comptons encore un Chef de Travaux inscrit en doctorat, le Chef des Travaux Guylain LEMA MAKIESE inscrit à l’Université de Strasbourg en France. Le rythme de progression de sa formation nous fait espérer de le compter parmi nos professeurs associés au plus tard à la rentrée 2018-2019.

Le Chef de Travaux Mc Arthur MFUNDANI attend les avis de son encadrement de l’Université d’Anvers (Belgique) pour être fixé sur le calendrier de la prochaine soutenance de sa thèse. L’UK fonde beaucoup d’espoir sur la finalisation de cette thèse qui devrait constituer un aiguillon pour tous les membres de son Corps Scientifique dans la mesure où cette finalisation constituera la première expérience réussie d’une formule consistant à préparer principalement une thèse à l’UK tout en étant inscrit dans une université du « Nord ».

Six autres membres du Corps scientifique de l’UK poursuivent leur formation de troisième cycle à Kinshasa (UPC et UNIKIN [Economie]) et en Europe (Belgique [Droit et Agronomie] et France [Polytechnique]). Tous ces Assistants bénéficient d’une aide à l’inscription telle que définie par le Comité de Gestion tout en gardant le bénéfice de leur rémunération. Il s’agit d’un effort financier conséquent pour l’Université dans le contexte socio-économique général du moment.

L’Université Kongo poursuit également ses efforts dans l’équipement de sa bibliothèque pour permettre une formation de qualité à nos étudiants et aux membres de notre corps scientifique. La recherche se réduit aujourd’hui pratiquement dans la préparation des mémoires et TFC. La qualité de ces documents dépend largement de leur abondement en sources de qualité.

C’est pour cette raison aussi que nous attendons avec une impatience trépignante le montage de la grande médiathèque « DOKOLO » qui va bientôt meubler l’espace de 1000 m2 déjà bétonné et que vous pourrez visiter tout à l’heure à côté du bâtiment facultaire en construction.

C’est aussi pour cette raison que le programme d’acquisition d’ouvrages de toutes sortes, suivant les Facultés aujourd’hui organisées à l’Université Kongo, se poursuit sans désemparer. Le « fonds » courant de la bibliothèque de l’UK réparti sur ses deux sites de fonctionnement s’enrichit régulièrement d’ouvrages généraux autant que d’ouvrages spécialisés.

Dans le même ordre d’idées, des études et des contacts se poursuivent encore pour identifier et mettre en exploitation un protocole de connexion à internet adaptée aux possibilités financières de l’Université Kongo face aux besoins en la matière. D’ores et déjà, l’opérateur de la fibre optique a été contacté pour une connexion des deux sites tant il est vrai qu’une connexion de qualité à internet est un atout incommensurable dans la recherche aujourd’hui.

Car la recherche est encore, hélas, le parent pauvre de la vie universitaire à l’UK comme ailleurs dans le pays. L’effort de soutien aux centres de recherche se poursuit avec une légère amélioration de la dotation mensuelle en frais de fonctionnement qui est passée de 400$ à 500$ à libérer postérieurement à la présentation d’un rapport d’activité mensuelle effective.

Malheureusement, les cinq centres de recherche que compte officiellement l’UK aujourd’hui peinent à démarrer effectivement. Et l’année 2016-2017 n’a connu aucun événement scientifique d’envergure initié par l’un ou l’autre de ces centres. Heureusement que le lancement officiel du CICIKO, Centre International de Civilisation Kongo, installé à Kisantu dans des locaux mis à disposition par le Diocèse de Kisantu, a été l’occasion d’organiser trois conférences, sur les trois week-ends des 10, 17 et 24 septembre 2016.

L’indigence de la recherche rejaillit indéniablement sur les publications. Malgré une volonté affirmée et de moyens spécifiques dégagés pour la renaissance effective du service des publications, aucune publication n’a encore été réalisée, en dehors des abstracts de la Faculté de Médecine dont la version « publique » n’est encore accessible que via le net.

Actuellement, un numéro de la revue « Racine et croissance » est en voie de finalisation et des contacts sont avancés pour la réception du manuscrit d’un livre. Il est donc espéré qu’au premier trimestre 2017-2018, au moins un numéro de « Racines et croissance » pourrait être enfin publié par l’UK et qu’un ouvrage sous le label « PUK » pourrait être mis à la disposition du public.

L’année académique qui s’achève n’a non plus pas connu l’organisation d’une conférence d’envergure ou encore moins d’un colloque. C’est une défaillance majeure pour notre Alma Mater. Sans être encore dans la projection concrète de l’action à venir, cette défaillance doit nous emmener à imaginer des stratégies conséquentes pour rester au niveau de nos ambitions en matière de recherche scientifique et de publication des résultats de ces recherches dans un contexte de crise financière. L’effort doit donc se poursuivre en matière de recherche car cette activité reste encore, malheureusement, marginale à l’Université Kongo comme dans l’ensemble du monde universitaire congolais.

Honorables,

Excellences,

Distingués invités,

Chers étudiants,

Nonobstant ces ombres au tableau de l’année académique 2016-2017, le climat global de notre institution reste à l’optimisme. L’UK reste un haut lieu de transmission des savoirs et de prospection pour l’avenir respecté et encouragé. Nous avons pu ainsi finalisé, comme indiqué dans le discours de politique générale, avec l’accompagnement de partenaires d’institutions expérimentées, la création d’une faculté unique en Afrique Noire, la Faculté d’Architecture, Urbanisme et Aménagement du Territoire, qui ouvre ses portes à la rentrée prochaine.

Ce projet qui nous a coûté de longues nuits d’insomnie et d’interminables journées de jeûne est un véritable berceau de renouvellement pour l’enseignement et la recherche aujourd’hui, et pour le service à la communauté demain dans un pays où les villes et les quartiers naissent à qui mieux-mieux comme des champignons vénéneux. Dans le domaine de l’enseignement, l’organisation de cette faculté en LMD, dans le strict respect du protocole de Bologne, vient poser à nouveau frais la question de l’utilité de l’enseignement. En effet, en cette faculté la question initiale n’est pas de savoir quoi enseigner aux étudiants, mais qu’est-ce que les étudiants doivent savoir faire à la fin d’une année, d’un cycle ou de la formation entière. Ainsi, on ne viendra plus à l’université essentiellement pour acquérir un diplôme, mais pour être capable de faire des choses concrètes ! En matière de recherche, la faculté d’architecture a l’ambition, en tant que faculté située, de revisiter à nouveaux frais les matériaux de construction traditionnels. Cette activité menée avec le centre CRATERRE de l’Université de Grenoble, spécialisé en matière d’utilisation de matériaux locaux, fera, nous l’espérons, de la faculté d’architecture de l’UK un foyer de renaissance de la construction partout, y compris dans nos village.

Les innovations qu’apporte cette nouvelle faculté viennent s’ajouter à une autre, moins visible, moins sensible même, mais essentielle pour le climat de confiance entre différents acteurs de la vie universitaire, nécessaire à l’éclosion d’un travail scientifique de qualité, le concept de cogestion que l’actuel Comité de Gestion s’est efforcé de développer depuis sa mise en place et plus spécifiquement en cette année académique particulière.

La cogestion signifie que tous les acteurs de la vie universitaire s’impliquent concrètement de manière responsable dans la vie de l’Institution. Forts de cette exigence, les uns et les autres ont pris une part positive dans la gestion des événements les plus saillants qui ont caractérisé l’année 2016-2017 y compris la présente cérémonie de collation des grades académiques.

Ainsi, comme d’habitude, les défis à relever dans le domaine académique, qui constitue le poumon de l’activité globale de l’Université Kongo, ont été et restent nombreux. Mais au vu des réalisations matérielles objectives face à des moyens bien limités, l’espoir est plus que jamais de mise pour que, du point de vue académique aussi, l’Université Kongo reste un lieu d’excellence, de solidarité, aiguillon d’un développement situé et endogène.

JE VOUS REMERCIE !

Fait à Mbanza-Ngungu, le 22 juillet 2017,

Prof. Jérôme DIAMONEKA DIANKUKA,

Secrétaire Général Académique